Dans la série des jouets ni toxiques, ni fabriqués à l'autre bout du monde, il y en a un "fait maison" auquel je comptais m'atteller depuis bien longtemps : les légumes de la marchande en pâte à sel ! Non qu'il fissent cruellement défaut à la maison, d'ailleurs : miss grenouillette sait depuis longtemps nous ramasser des légumes ou composer des pizzas avec à peu près n'importe quoi : herbes des champs, sable du bac à sable, grains de riz des placards... Mais quand même, j'avais envie de marquer le coup, car les mini-légumes, c'est trop mignon ! Je me suis donc organisé mon premier atelier "pâte à sel", et ma foi, je ne suis pas mécontente du résultat, visiblement grenouillette non plus, donc nous recommencerons !!!

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Au passage pour la présentation, point n'est besoin de choses compliquées : le mini-panier, donné par une grand-mère, servait à présenter des bonbons dans un quelconque cadeau, et la cagette contenait je crois des fruits secs, un jour où mon fournisseur de vrac m'était inaccessible...

Je sais qu' en ce moment, la grande mode est plutôt à la feutrine : il faut dire que celle-ci cumule pas mal d'avantages, entre le fait qu'elle est douce et non blessante, malléable, difficile à ingérer, etc... A cela je vais objecter qu'on connaît assez peu les colorants qui la composent, les matières rarement naturelles dont elle est faite - à moins qu'on ne l'achète ici comme me le signale little miss W.... De toutes façons, l'honnêteté m'oblige à avouer que ma motivation est ailleurs: entre le modelage et la couture, je préfère le modelage, et en plus ça va vite ! On peut se constituer un petit panier complet ou presque en une après-midi...

Bref, il a fallu réunir tous les ingrédients de cette recette éprouvée que vous retrouverez ici, en y ajoutant une ou deux cuillères à soupe d'huile pour obtenir quelque chose de plus agréable à malaxer, car cette pâte déssèche beaucoup les mains - la faute au sel ! J'ai un peu hésité à prendre des ingrédients bio, j'avoue que le côté "gaspillage" m'a bloquée sachant que ces faux légumes ne seraient pas mangés, mais à chacun de voir en son âme et conscience. D'autant que le sel bio n'est pas très fin ni blanc, ce qui pouvait donner un résultat assez rugueux ! Dans tous les cas j'ai dosé mes 1/3 de sel et 2/3 de farine de façon à me retrouver avec environ 250g de pâte à sel blanche : plus qu'il ne m'en fallait, mais c'était une bonne marge pour faire des essais de couleurs et de modelage, et ce qui restait a offert de bonnes heures d'activité à grenouillette !

25- ingrédients PAS

Tout le truc fut ensuite de trouver des colorants naturels intéressants, ou tout au moins sans dangers. Autre démarche : mettre le colorant après confection d'une grosse boule de pâte, et non avant comme recommandé le plus souvent, histoire de ne pas se casser la tête à faire plusieurs pâtons ! Pour ce faire, j'avais simplement prévu un petit mélange sel/farine que j'ajoutais à mes morceaux de pâte colorés et issus de mon premier malaxage, histoire de les rendre moins collants... Quand même beaucoup plus simple ainsi !

J'ai donc fait un premier essai avec un pastel oëko-test râpé et mélangé à de l'eau chaude, assez peu concluant : les couleurs ne fondaient pas vraiment, une tannée, et avec pas mal de rouge j'ai obtenu un vague rose tendre sur une toute petite boule... Bof ! Test beaucoup plus concluant avec du thé matcha (j'en ai un sachet périmé que je ne réservais qu'à ça !) qui donne un joli vert prairie/mousse, et avec du curcuma dont le jaune est magnifique. Pour plus vif, j'ai enfin utilisé des dosettes de colorants alimentaires liquides : tout le rouge est passé dans une boule d'environ 50 g (?), alors qu'en mélangeant jaune, bleu, matcha et curcuma, j'ai obtenu un beau vert claquant. Après ça, j'ai remélangé jaune et rouge dans une petite boule pour obtenir du orange, et je n'ai même plus pensé au café ou au chocolat pour obtenir du marron... Il ne faut pas hésiter à avoir la main un peu lourde en couleurs, car celles-ci éclaircissent toujours au séchage : impossible d'avoir quelque chose de "claquant" avec une teinture dans la masse, il faut le savoir, vous obtiendrez plutôt des pastels !

27 - colorants PAS  28 - boules PAS

26 - couleurs nat PAS

On peut faire la pâte à l'avance et la conserver au frigo dans un/des sac plastiques, ça ne pose vraiment pas de problèmes, sinon un durcissement temporaire dû au froid ! Et après, il s'agit juste de travailler la pâte...

Quelques trucs à savoir :

- Prévoyez-vous un certain nombre d'outils : couteau (pas contendant, surtout si vous modelez avec vos enfants), piques en bois si vous avez plusieurs éléments à solidariser, ou encore pour faire des trous (comme ici sur les faises), rouleau à pâtisserie pour faire des bandes de pâte, farine pour décoller facilement la pâte ou au contraire eau pour souder des morceaux ensemble... En tout cas il vaut mieux que tout soit prêt au moment où vous vous y mettez, car vous aurez les mains sales et collantes !

- Travaillez quand c'est possible une seule couleur à la fois, et n'oubliez pas de bien nettoyer le plan de tavail entre deux couleurs : rien de plus agaçant que de trouver un petit picot vert au beau milieu d'une carotte, ou un picot rouge au milieu du citron, et c'est très énervant à enlever. Donc prudence !

- Pour alléger l'objet et le solidifier, je conseille de mettre quelque chose à l'intérieur quand c'est possible. Cela rend l'objet un peu plus difficile à travailler, mais ensuite cela améliorera aussi considérablement son temps de séchage, ce qui n'est pas négligeable. Ainsi, pour mes laitues et tomates contiennent tous une noix reconstituée. Pour les carottes, j'ai mis du papier journal collé et roulé sur lui même, un peu comme pour des perles en papier.

- Le tout est de trouver une bonne méthode de fabrication pour chaque légume, en le gardant le plus compact possible pour qu'une brise-tout de deux ans et demi ne lui fasse pas son affaire tout de suite : à vrai dire je me fais peu d'illusions, le crash-test risque d'être terrible ! Mais bon, leur préserver quelques heures de jeu peut-être intéressant, au moins en l'honneur du temps de confection ! Donc les salades sont très pommées, les carottes compactes, etc... Seuls les haricots sont clairement destinés à une mort rapide: j'ai roulé rapidement des petits boudins de pâte qui me restaient en les écrasant un peu à chaque bout, mais il sont cassants comme du verre, j'en ai conscience !

29 - PAS avant séchage

Ici les légumes tout juste modelés : on notera leurs couleurs effectivement plus sombre qu'à l'arrivée. Pour le séchage, tous les sites recommandent le four plusieurs heures à des températures que je trouve souvent exagérées : rappellons-le, la pâte à sel sèche aussi à l'air libre ! Si on est "un peu pressé", on peut donc faire un mix de séchage : four en fin de cuisson, resséchage etc... jusqu'à obtenir un résultat probant - qui selon cette méthode et par ce beau temps sec, vient assez vite ai-je trouvé : en 48h j'avais quelque chose de déjà très bien en n'utilisant qu'une seule fois le four. Mais peut-être pas dur à coeur, c'est vrai.

Il est certainement possible aussi de vernir vos merveilles pour résoudre le problème de l'éclaircissement au séchage : pour ma part, entre la difficulté de se fournir en vernis "norme jouet" (NF EN 71-3), voire ultra-écologique, et mes incertitudes face à la durée de vie de ces légumes, j'ai choisi d'attendre un peu. Histoire de voir si tout cela mérite une autre fournée de plus belle facture ou non !