Cette semaine... Je sais, je sais, il y a de grandes chances pour qu'il y ait plu par chez vous, et vous vous êtes dit "fichu temps" avec l'agacement habituel, tout en saisissant votre parapluie...

Mais pour nous cette semaine, en même temps que la pluie, il y a eu une première dans notre Amap : pas de livraison de légumes, la première fois que ça arrive depuis 4 ans que nous y sommes ! La faute à la sécheresse : la Picardie était durement touchée depuis avril. En mai les semis refusaient toujours de pousser, se désséchaient sur place ! Les plantes printanières comme salades, bettes et épinards refusaient de rester vertes et croquantes, et avec les problèmes d'arrosage se sont entêtées à monter en graine et devenir fibreuses... Jusque-là notre agriculteur se débrouillait avec ce qu'il avait, quelques restes ici (oignons, noix, derniers poireaux...), du frais "pas trop sec" là (fraises, laitues, jeunes oignons), mais en cette fin du mois de mai, l'évidence s'est faite : pas assez de légumes de printemps pour satisfaire tout le monde !

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Ci-dessus, une photo prise en bretagne (!!) le WE dernier, mais j'avais vu la même chose en Picardie dans les champs voisins une semaine plus tôt : des pieds de maïs minuscules, qui à cet époque devraient pourtant mesurer un mètre... Même si en bio, évidemment, on évite le maïs !

Et notre agriculteur est spécialement sympa et courageux, car il nous a proposé de nous faire un panier supplémentaire en fin de saison pour compenser... Il n'y est pourtant pas obligé : comme je le disais ici, normalement, dans une Amap, on est là aussi pour encaisser les coups durs avec l'agriculteur...

Comme le résume cet article, nous voici donc face à une sécheresse printanière sans précédent : un des printemps les plus chauds depuis le début du 20e sciècle..! Et je ne veux déprimer personne, mais tandis que nos émissions de co2 continuent d'augmenter, l'objectif qui consisterait à limiter à 2° le réchauffement climatique est en train de devenir inatteignable...

D'autant que pendant ce temps, bien sûr, on fait toujours tourner le co2 à plein régime en achetant des fruits et légumes de toutes provenances : à cette saison les "melons charentais" marocains et autres merveilles italiennes ou espagnoles font rude concurrence à nos pauvres navets et radis français rendus piquants par un sol sec. D'autant que par chez moi, comme les magasins bio parisiens ne brillent pas exactement par leur éthique, c'est généralement le produit le moins cher qui sort de la centrale d'achat, avant le produit local... J'ai donc dû faire cette semaine la tournée des magasins bio (eh oui, j'en ai plusieurs aux alentours) pour me fournir en légumes français : radis, betteraves pleines de délicieuses fanes, courgettes, champignons et premières tomates de serre, voire même des haricots histoire de faire la fête... mais oups, voilà beaucoup de tentations qui ne sont pas au même prix que mon panier d'Amap!

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Alors pendant qu'on y est, c'est le moment de fêter le premier grand concours de cuisine durable lancé par l'énergique Sandrine de Végébon : un concours de cuisine où l'enjeu est de faire un plat 100% végétal et bien sûr le plus local et de saison possible - sachant qu'attention, la finale se déroulera début octobre : il faudra donc anticiper en songeant à des fruits et légumes d'automne dès ce mois de juin ! Avec ces principes en tout cas, impossible de faire une cuisine plus écologique... C'est d'ailleurs ce que je trouve le plus novateur dans ce concours : tout y est pensé pour que l'exercice culinaire se pratique dans le respect de la planète. On peut apporter les légumes de son potager, de son Amap, ses cueillettes de champignons sauvages etc... L'essentiel étant de limiter notre impact tout en privilégiant le goût, et bien sûr une nutrition santé.

Et je préfère prévenir pour ceux que l'idée d'une cuisine 100% végétale terrifie : contrairement à ce que l'on pourrait penser, que l'on soit végétarien ou non, il y a vraiment moyen de s'amuser !!! Pour ma part, je suis toujours flexitarienne (ce qui veut dire que je mange souvent végétarien tout en restant "omnivore"), mais c'est vraiment le goût et l'étonnement devant des créations culinaires surprenantes qui m'ont amenée à la cuisine végétarienne...! Et depuis, je suis assez accro. Je dois même dire que je trouve la cuisine traditionnelle française bien ennuyeuse... Alors qu'on se le dise ! Laissez-vous tenter, allez jeter un oeil chez les partisans de la cuisine végétale si vous vous ennuyez devant vos fourneaux : vous y trouverez des idées qui vous changeront la vie ! Et si vous n'êtes plus un néophyte en la matière, eh bien... Participez!! Vous avez jusqu'au 15 juillet pour rendre votre copie, et ce sera le moment de montrer que le respect de la planète n'a jamais brimé la moindre créativité ! 

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