Avant d'aborder des sujets qui fâchent comme la rentrée, parlons d'un autre sujet à priori agréable, mais qui pourrait fâcher d'un point de vue écologique : les vacances ! Personnellement, je peux apprécier le farniente, mais l'homme-grenouille aime voyager...  Le seul hic, c'est que nous n'avons pas encore trouvé le voyage écologique parfait ! L'idéal serait sans doute des vacances sportives, dans le style de mes copains Juju et Vladana qui se sont tapés 6000km à vélo... Mais il est vrai que ça leur a pris 6 mois! Outre le fait que nous n'avions qu'un mois, nous ne sommes hélas pas de grands sportifs - surtout moi! Nous aimons tous deux la randonnée à pied, mais la grenouillette est encore un peu petite, et puisque le train n'est pas idéal pour sillonner les petites routes des Alpes suisses et italiennes que nous voulions traverser cet été... Bon, bref, voilà, on avoue : ce fut voiture.

1- voiture alpes

Histoire d'en avoir le coeur net, j'ai fait un petit ecobilan, histoire de voir où ça mènerait. Partant de Paris, nous avons fait un voyage d'environ 2500km, ce qui, selon les données de notre fabriquant auto consommerait quelque chose comme, euh, 550kg de Co2...

2- rando-bébé

(Ci-dessus, l'une des belles randonnée de notre périple. Mais on le confirme, une poulette de 2 ans et demi n'est pas vraiment facile à trimballer des heures dans des sentiers de montagne un peu à pic : le porte-bébé c'est bien, mais ça lasse ! Ce qui doit expliquer qu'on ait si peu croisé de bébés ou petits enfants en haute montagne !!!)

Rappellons-le, la voiture est donc dans la fourchette haute de la pollution... Surtout avec notre très mauvais taux de remplissage: notre voiture peut transporter jusqu'à 7 personnes, et nous n'étions que trois ! Une bonne idée aurait sans doute été de prendre des passagers en co-voiturage au départ de Paris, au moins pour la première étape qui était la plus longue, puisque le reste du temps nous faisions des sauts d'une centaine de kilomètres sur des routes peu fréquentés - en tout cas par les auto-stoppeurs ! A examiner une prochaine fois...

En même temps, un petit comparatif peu s'avérer surprenant : après tout, lorsqu'on prend le train pour se rendre à un endroit fixe tel que gîte, hôtel ou maison de campagne, il y a tout de même un certain nombre de déplacements en voiture, campagne oblige ! Ainsi lorsque nous allons chez ma mère en train, cela ne fait peut-être que 108kg de Co2 aller-retour (contre 520kg de co2 en voiture), mais si l'on y fait beaucoup de tourisme ensuite, sur un mois on peut vite se retrouver avec 2800km de voiture gaspillés en trajets divers (course, visites, promenades etc), soit 672kg de Co2... auquel il n'y a plus qu'à rajouter le train, soit, argh, 770kg de Co2 !!!!

Du coup je ne suis pas mécontente d'avoir fait ce petit calcul, car tout théorique qu'il soit (heureusement nous ne faisons pas tant de kilomètres à chaque fois que nous allons chez ma mère!), il montre bien comme la pollution induite par les vacances est à prendre en compte au-delà du simple aller-retour vers son point de chute. Une occasion de comprendre que le train, c'est parfait, mais ça n'a rien de fantastique si on ne limite pas ses déplacements auto ensuite !!!! A l'inverse, nos vacances alpines avait l'intérêt de cumuler sur la même trajectoire plaisir du voyage et trajets utilitaires, puisque les courses se faisaient sur la route.

3-fly 1

5 fly 6 - vaisselle

- Au passage nous avions cette année une "popotte fait-maison" bricolée par l'homme grenouille avec un fly-case de récup' et les morceaux d'un lit trouvé dans la rue, dont il n'était pas peu fier ! Et effectivement, pour faire la cuisine dans à peu près n'importe quel endroit rapidement, c'était vraiment très sympa... ;-)

En allant plus loin, on pourrait constater que notre périple montagnard nous a permis quelques économies énergétiques supplémentaires, puisque nous dormions le plus souvent dans notre véhicule : économies d'électricité puisque nous utilisions les lumières de la voiture et une unique lampe à led, économies de gaz puisque la cuisine était quand même limitée sur notre popotte, économies d'eau puisqu'avec un simple bidon on veille toujours à la dépense : c'est tout l'intérêt des vacances en camping - surtout sauvage! Enfin, cerise sur le gâteau : d'accord une voiture c'est très laid, mais en même temps il s'agissait ici d'un habitat mobile qui a le bon goût de ne pas abîmer le paysage : on se posait pour la nuit dans le premier bois ou champ venu, et on repartait sans laisser la moindre trace ! Rien à voir avec les constructions de maison de campagne, d'hôtels, ou autre lieu de vacances qui dégradent toujours le paysage et restent des gouffres énergétiques tant dans leur construction que leur fonctionnement...

7 - dodo in ze caisse

Petite demoiselle en pyjama au réveil, tandis que son papa fait le café dehors...

Et puis dernière consolation... Si nous ne sommes pas exemplaires avec cette voiture, nous sommes au moins cohérents sur notre forte résistance à l'avion : le même trajet de 2500km aurait dépensé 1050kg de co2, battant les autres modes de transport à plate coutures ! Comparé aux habitudes-type de nos catégories socio-professionnelle, notre résistance à l'avion est plutôt rare... Lorsqu'on lit l'enquête ipsos du bilan carbone des ménages, on constate que non seulement la part de l'avion pèse aujourd'hui pour 19% dans les transports des ménages, mais que cette part explose pour les catégories aisées ! Ainsi 59% des cadres supérieurs prennent l'avion au moins une fois par an... L'occasion de souligner que si quelqu'un doit se mettre à l'écologie en premier, ce sont bel et bien les plus aisés !!!

Et les vacances restent bien un poste à surveiller !!!!