Si l'on veut éviter les produits laitiers, le panel de crèmes dessert qui s'approchent de près ou de loin au dessert lacté est assez restreint pour ne pas dire misérable : on tombe dans le risque d'un autre travers alimentaire, le soja !

Noisette 3 - Choco coco

Pour nous éviter de devenir totalement dingue, quelques crèmes dessert existent aujourd'hui en magasin bio qui remédient à ces divers problèmes : ce sont des crèmes dessert réalisées à partir de lait de riz. Pas forcément à tomber (personellement il n'y a qu'une marque que je trouve vraiment bonne sur les 3 que je connais), pas super local non plus - le riz est souvent d'origine lointaine, le reste des ingrédients aussi, ce qui me déprime toujours quand je pense aux produits laitiers qui sont toujours hyper locaux. Et pour achever de vous déprimer, ce sont généralement des produits assez chers... Bref, sympa en dépannage, mais pas pour tous les jours !

Heureusment,  "cfaitmaison" était là pour donner des pistes de crèmes maison - au-delà des incontournables yaourts végétaux à l'amande de Vegebon.  Inutile d'avoir recours aux laits végétaux du commerce comme on le voit souvent, puisque dès qu'il y a cuisson, on entame justement l'opération qui permet la confection de la plupart des laits végétaux - comme ici avec le lait de chataîgne, qui n'est autre que de la farine de chataîgne délayée dans de l'eau et portée quelques minutes à ébullition. Autant cuire d'un coup et les ingrédients nécessaires à l'obtention du lait, et les ingrédients destinés à épaissir la crème et lui donner du goût. C'est clairement économique, cela évite les briques jetables... et la farine de chataîgne est idéale, puisque c'est un produits parfaitement local, dont le goût convient à de nombreux desserts. Néanmoins, il m'a fallu du temps avant que mes essais soient probants, car il m'a fallu comprendre trois trucs:

  1. La meilleure consistance de crème est à mon avis obtenue avec un mélange de farine et d'agar-agar : c'est ce qui lui donne un côté à la fois crémeux et gélatineux, vraiment une consistance agréable. Le dosage n'est par contre pas facile à obtenir au début, surtout si comme moi on n'utilise que des cuillères à soupe ou à dessert pour doser...
  2. Il faut du gras, sinon c'est un peu triste ! Mes premières crèmes consistaient juste en eau + farine + sucre + parfum, et il leur manquait clairement quelque chose par rapport à celles du commerce... Donc la solution réside vraiment dans les purées d'oléagineux (qui peuvent être à la fois "goût" et "gras" dans la crème à la noisette), ou encore la délicieuse huile de coco, comme dans la crème au chocolat dont je donne la recette plus bas. Ce ne sont malheureusement pas des solutions locales contrairement à la farine de chataîgne : il faudrait que j'essaie avec de l'huile (colza?), mais je n'ai pas encore osé m'y aventurer. Pourtant cette huile entre souvent dans la composition des crèmes et laits végétaux du commerce ! Avis donc aux découvreuses...
  3. On n'obtiendra jamais d'aussi bon résultats qu'en délayant les ingrédients secs à la main dans un peu d'eau que l'on rajoute progressivement jusqu'à la totalité, puis au mixeur-plongeur. Si on saute l'étape du mixeur-plongeur, ce que je faisais au début, le résultat sera plus grumeleux, moins uniforme et beaucoup moins agréable en bouche.

chataigne 2

Voici donc les recettes de deux crèmes dessert qui me conviennent, variables en fonction de l'humeur du jour, en changeant le parfum ou la farine - pour un goût plus neutre que la chataîgne, ma préférence va à la farine précuite nommée "crème de millet" (difficile à trouver!), car personellement je ne réussis jamais les crèmes à la farine de riz, pour une raison qui m'échappe... Ecolowoman a proposé tout récemment des déclinaisons originales du dessert végétal, dont une assez originale à la chicorée... C'est d'ailleurs ce qui m'a donné envie de publier ces autres verions !

Crème chataîgne - noisette :

  • 2 CS bien bombées de farine de chataîgne
  • 1 cc rase d'agar-agar (voire moins, selon votre goût et vos cuillères à café!)
  • 3 CS de purée de noisette
  • 2 CS de sucre rapadura
  • 1/2 litre d'eau

Délayez les ingrédients secs dans pichet doseur avec un peu d'eau. Rajoutez-en au fur et à mesure, jusqu'à obtenir une consistance crémeuse. Ajoutez toute l'eau jusqu'au demi-litre, puis mixez conscienscieusement le tout avec un mixeur-plongeur : le mélange va mousser un peu. Versez le tout dans une casserole et portez-le à ébullition sans arrêter de tourner à la cuillère : il faudra une ébullition d'environ 5 minute pour que le mélange prenne la consistance de la crème liquide - c'est plus liquide que la consistance définitive, c'est normal.

Versez en pots. Pour ma part je verse le tout en pot de récup' de 500g où chacun se servira, c'est beaucoup plus simple, et moins d'encombrement dans le frigo ! Laissez refroidir plusieurs heures, puis mettez au frais : votre crème n'atteindra sa consistance définitive qu'une fois bien froide. Au cas où la consistance serait trop ferme à votre goût, vous pouvez toujours lui redonner un coup de mixeur avant de servir (d'où l'intérêt des gros pots!) pour lui donner la consistance d'un yaourt bulgare !

Crème choco-coco :

  • 2 CS bien bombées de farine de chataîgne
  • 1 cc rase d'agar-agar (voire moins, selon votre goût et vos cuillères à café!)
  • 2 CS de chocolat en poudre (sucré chez moi)
  • 1 CS de purée d'amandes
  • 1 CS d'huile de coco
  • 1 CS de sucre rapadura
  • 1/2 litre d'eau

Même manip' que précédemment : vous délayez les ingrédients secs avec l'eau, homogénéisez le tout avec le mixeur-plongeur, portez à ébullition pendant 5 minutes sans arrêter de tourner, laissez bien refroidir avant de consommer. Vous pouvez bien sûr vous passer de l'huile de coco (très lointaine) pour la remplacer par une cuillérée supplémentaire de purée d'amandes ... une recette dans ce cas assez semblable au chocolat chaud que présentait Vegebon la semaine dernière !

Au passage, pour rester dans des considérations sur le local et la diététique, rappelons que la crème dessert n'a que peu de raisons d'être un dessert de chaque repas, à part pour remplacer le sempiternel yaourt qui lui-même s'invite trop souvent sur nos tables... Celui qui comme moi se casse la tête à chercher des équivalents pourra aussi songer aux compotes (beaucoup plus aisément locales!), ou mieux encore, aux fruits frais, ou à pas de dessert du tout ! Mais voilà, comme les habitudes ont la vie dure... et les équivalents font bien plaisir ici et là !