Un billet un peu en retard alors que le printemps est (officiellement) là... 

A priori, peu d'options de vacances me semblaient aussi inintéressantes et anti-écologique que les sports d'hiver. Remontes-pentes, canons à neige, barres d'immeubles construites au pied des pistes, salage des routes, haute fréquentation hivernale qui bouleverse le biotope... D'où certains appels comme celui-ci ! Et pourtant... Malgré tous ces griefs, je suis allée dans le Jura pour ces vacances d'hiver. Et pas dans un vieux chalet en bois, non non : dans un club familial des années 70, où nous pouvions, pour la première fois depuis 4 ans, profiter nous-tout-seuls-les-parents de quelques moments de répit, tandis que miss faisait de la luge avec des copains et une animatrice.

bonhomme neige & montagneJe n'ai pas pris l'avion mais la voiture, je n'ai pas mis les pieds sur des pistes de descente, et j'ai globalement veillé à ne pas soutenir d'activités consuméristes dégradant le paysage. Et au final, cet essai ne m'a pas paru totalement malhonnête : écologiquement imparfait, mais raisonnable tout de même côté empreinte carbone. Ma réflexion sur la problématique "vacances" n'étant pas finie, je noterai donc les avantages et les inconvénients que j'y ai trouvés.

vvf2AVANTAGES

Un bâtiment collectif qui limite l'impact du tourisme sur le paysage : C'est vrai, l'immeuble ci-dessus est moche. Il a été bâti sur une hauteur un peu isolée d'un village, position très agréable pour ses occupants mais sûrement moins pour qui connaîssait le paysage auparavant. Néanmoins, l'habiter n'est plus un soutien éhonté à la construction neuve puisque la bâtisse date de plus de 30 ans... D'autre part, sachant que ce bâtiment contient 38 logements, que la saison d'hiver dure à peu près 5 mois pour cette structure, on pourrait imaginer qu'on évite plus de 600 chalets individuels si chaque famille présente cet hiver avait acheté un chalet pour y passer 1 semaine par an ! Combien d'hectares de construction cela représenterait-il? Il est donc clair que les logements collectifs de ce type minimisent le bétonnage : peu d'espace par foyer (des chambres avec éventuellement kitchenettes), équipement collectifs pour le reste - salle à manger, bar, salle de jeux, salle polyvalente, machine à laver en libre-service etc... C'est d'ailleurs le bémol que je mettrais à la construction dont j'avais parlé ici : une maison écologique, c'est bien, mais rentabiliser au maximum les structures existantes pour limiter la construction me semble encore mieux !

Possibilité de limiter ses déplacements au maximum : Nous avons cuisiné 100% bio dans notre kitchenette avec des courses faites pour la semaine, mais pour ceux qui avaient fait le choix de la pension complète, c'était encore un moyen intéressant de limiter les transports dûs aux courses, puisque la cuisine était collective. Notons aussi qu'il y avait possibilité d'acheter son pain sur place, et aussi un jour de "marché paysan" avec des producteurs du coin  : une bonne occasion d'acheter de très bons produits locaux sans se déplacer. Au final nous n'avons pris la voiture qu'une fois dans la semaine pour faire 3km, et c'était vraiment très très appréciable d'avoir de quoi manger et de faire des ballades magnifiques sans voiture.

raquettesx2Loisirs proposés à faible impact : Outre des cours de danse et de gym, le "village vacance" où nous étions proposait essentiellement des activités de ski de fond et de raquette. Quoiqu'il me semble que le ski de fond soit plus soutenable que le ski de descente (à vérifier) , nous avons opté pour les raquettes. L'intérêt étant de pouvoir se promener partout dans la forêt... Mais en même temps, comme le disait notre guide, si l'on ne veut pas déranger les animaux, mieux vaut ne pas trop sortir des chemins battus. Surtout que les raquettes ne sont pas du tout silencieuses, ça crisse! En tout cas les promenades suivaient des thématiques nature très sympas, comme la découverte de la forêt Jurassienne ou le repérage de traces animales dans la neige...

tracesTraces de : renard, chevreuil (dont on repère bien le sabot fendu), lièvre , et enfin morceaux d'épicéas grignotés et mis à terre par des écureuils affamés - d'autant que les cônes contenaient peu de graines cette année-ci.

INCONVENIENTS :

Mauvaise efficacité énergétique : Je n'avais pas de caméra à infrarouge avec moi pour vérifier l'isolation de la bâtisse, mais un simple coup d'oeil permettait de deviner que les lieux n'étaient pas à la page côté énergie : chauffages électriques de piètre qualité dans tous les logements, plaques chauffantes et vitrocéramiques dans les kitchenettes, et si les ampoules étaient fluocompactes et les fenêtres à doubles vitrages, on était quand même bien loin du logement passif ! Dommage, puisqu'en Montagne il fait froid et qu'on chauffe beaucoup... Dans le même ordre d'idées, il y avait même une petite piscine chauffée et dûment chlorée, ce qui d'un point de vue écologique n'a rien de très défendable. Maintenant, j'avoue qu'on en a bien profité tout de même - et nous étions loin d'être les seuls, ce qui au moins rentabilisait ce matériel énergivore!

piscine 2

Transports & Co2 induits par chaque voyage :

C'est le problème lié à toutes les vacances ou presque : la plupart des gens se déplaçaient en voiture, nous compris, ne serait-ce que pour emmener facilement des bagages encombrants. Et étant donné que tout le monde n'habite pas à la montagne... Ce qui conduit à des articles comme celui-ci, annonçant que le voiture est finalement le plus gros émetteur de Co2 des sports d'hiver. Je reste mesurée face à ce genre de bilan fait à la demande des stations de montagne elles-même, sachant qu'il ne prend en compte ni la construction des structures d'accueil (immeubles, restaurants et autres), ni les dégâts écologiques dûs à la fréquentation touristique... En tout cas ça reste un problème important, et c'est une des raisons qui nous aura fait choisir un massif pas trop éloigné de Paris, plutôt que de partir à l'étranger.

... S'y ajoutaient encore pour la restauration une nourriture ni bio ni très équilibrée (et sûrement pas végétarienne), pas encore de composteur (mais à venir), et bien sûr les matériaux utilisés dans l'aménagement intérieur n'avaient rien de particulièrement écologique...

18- pantalon Eider19- combi quechua

Grâce à leboncoin.fr, voici l'intégralité de notre équipement, achetée pour environ 80 euros (ce qui est déjà moins que le prix du pantalon) et quelques déplacements en métro... Il faut juste s'y prendre à l'avance pour tout glaner !

CONCLUSION :

En bref, en sports d'hiver comme pour le reste, tout dépend des options retenues et de son comportement personnel - pour s'y rendre tout d'abord (voiture pour nous, le train aurait été mieux), pour s'équiper (matériel de location pour les raquettes, vêtements de ski achetés d'occasion sur leboncoin pour grenouillette et moi, revendables l'hiver suivant ), etc. Il est clair que la solution la plus neutre en carbone serait 1) de ne pas partir en vacances du tout, 2) ou alors près de chez soi, 3) ou encore à pied, en vélo ou à cheval! J'avoue que la 1ère solution me bloque, que la 2e est difficile pour les parisiens, et la 3e compliquée quand on n'est pas très sportif avec des enfants en bas âge... La solution "club vacances", lorsqu'elle induit peu de tranports et reste mesurée dans sa conception me semble donc une solution plus intéressante qu'on ne pourrait le croire grâce à la gestion collective des équipements... A explorer avec réflexion, donc !